Quelle est la différence entre Croyance et Croivance ? Mais aussi entre Savoir et Sachance ?
La croyance, c'est la conviction de l'existence de choses dont n'a pas prouvé le contraire.
La croivance, c'est la certitude de l'existence de choses fausses dont on a plusieurs fois prouvé le caractère erroné et souvent frauduleux.
Le savoir, c'est l'ensemble des connaissances dont on a prouvé expérimentalement l'existence, à un moment donné.
La sachance, c'est l'application de ce savoir comme moyen d'information, de défense et de protection contre la croivance.
Qu'est-ce qui caractérise le Savoir ?
L'un des aspects qui caractérise le mieux le savoir, c'est qu'il n'est pas immuable ; il évolue sans cesse au gré des nouvelles découvertes, des expérimentations, et il peut arriver que ce que l'on pense savoir un jour devienne faux le lendemain à la lumière de nouvelles preuves scientifiques. Le savoir est ainsi l'ensemble des connaissances expérimentales jusqu'à preuve du contraire.
Comment reconnaître une Croivance ?
La croivance, en revanche, est une crispation de l'esprit autour de convictions aveugles qui n'acceptent aucune forme de remise en question. La croivance est figée, elle n'évolue pas et lutte même en permanence contre le changement. Le croiveur n'a pas de connaissances qui pourraient évoluer, il n'a que des certitudes qu'il refuse de discuter ou de critiquer, malgré les preuves qui s'accumulent pour les réfuter. Il arrive même qu'il se radicalise davantage dans sa croivance à mesure que la science lui montre qu'il a tort, car il prend toute contradiction raisonnée comme une attaque personnelle. Le complotisme est, par exemple, une forme déviante de la croivance.
Doit-on combattre les croyances ?
Non, les croyances ne doivent pas être combattues ; elles consitutent même souvent le premier pas qui mène de la curiosité au savoir. On peut croire en ce qu'on veut, aux fantômes, à la vie après la mort, aux extraterrestres... du moment que la science n'a pas définitivement apporté la preuve du contraire.
À ce titre, il faut donc respecter les croyances et les croyants, lorsque leur convictions ne peuvent être légitimement contestées par la science ou la connaissance établie. La croyance est une manière de combler le vide laissé par la connaissance encore défaillante au sein des esprits les plus curieux, voire les plus brillants.
Mais une croyance ne doit pas non plus être confondue avec une connaissance ; croire, ce n'est pas savoir. L'absence de preuves réfutant une croyance ne suffit pas à en faire une vérité ; pour cela il faut des preuves objectives de son existence. Et lorsque la science vient confirmer certaines croyances, alors celles-ci deviennent des connaissances.
La science peut donc valider une croyance ?
Pas tout à fait, mais il peut arriver qu'une science parfaitement établie prenne naissance d'une théorie liée à une croyance. L'exobiologie, par exemple, étudie l'ensemble des facteurs et des processus, notamment géochimiques et biochimiques, pouvant mener à l'apparition de la vie dans des conditions qu'on ne retrouve pas forcément sur Terre, s'appuyant ainsi implicitement sur la croyance d'une possibilité de vie extraterrestre. Toutefois, la vie sur d'autres planètes n'est pas pour autant une réalité objectivement prouvée, ce n'est qu'une spéculation, et donc une croyance, dans l'état actuel de nos connaissances.
À quel moment une croyance devient-elle une croivance ?
Une croyance devient une croivance lorsqu’elle cesse d’être une conviction personnelle pour s’ériger en vérité incontestable, imperméable à toute preuve contraire, et dont les partisans cherchent à convaincre autrui par tous les moyens, y compris la manipulation.
Il faut donc lutter contre tous les croiveurs sans distinction ?
Non, car tous les croiveurs ne sont pas des menteurs. L'écrasante majorité d'entre eux sont juste ignorants et victimes de manipulations. De la même façon, on ne peut pas reprocher leurs croivances à ceux qui n'ont pas été suffisamment instruits de la réalité du savoir. En revanche, dès qu'ils persistent dans leur croivance en dépit de preuves irréfutables dont ils ont connaissance, alors ils ne servent plus la vérité. L'ignorance n'est pas un défaut, mais la malhonnêteté intellectuelle oui.
À cet égard, les croiveurs les plus nuisibles ne sont pas forcément ceux qui entretiennent de faux savoirs qu'ils prennent pour des vérités et qu'ils diffusent auprès de gens souvent aussi peu instruits qu'eux-mêmes des réalités scientifiques. Les plus dangereux sont incontestablement ceux qui propagent des croivances tout en étant eux-mêmes parfaitement conscients de l'inanité de leurs propos, voire du caractère mensonger et pernicieux de leur démarche, visant surtout à manipuler les plus fragiles pour en tirer avantage. Le sectarisme ainsi que la plupart des idéologies dogmatiques (qu'elles soient politiques, religieuses ou sociétales) figurent parmi les croivances les plus malsaines, d'autant plus que leurs adeptes se révèlent bien souvent aussi comme étant les plus virulents et les plus déterminés à imposer leurs croivances de manière agressive.
Quel est le rôle du sacheur face à la croivance ?
Tout sachant a pour premier devoir de partager ses connaissance de la manière la plus complète et la plus accessible pour tous. Ce n'est que face à une volonté manifeste de refuser les preuves concrètes d'une vérité scientifique, au profit d'une croivance mortifère, abrutissante et surtout prosélithe, que le sachant doit devenir sacheur, et donc lutter énergiquement contre la désinformation.
Son rôle est alors d’analyser, de déconstruire et de réfuter par la raison les mécanismes qui font prospérer la croivance. Le sacheur ne doit pas chercher pas à imposer une vérité, mais à réintroduire le doute méthodique là où les certitudes infondées règnent.
Par l’observation, l’humour et la rigueur intellectuelle, il cartographie également les territoires de l’absurde, met en lumière les biais cognitifs qui nourrissent la croivance et offre aux esprits curieux les outils pour distinguer le savoir de l’illusion de savoir.